Hypersensibilité et fatigue : pourquoi suis-je épuisée alors qu’il ne s’est « rien passé » ?
En bas de l’article, tu pourras recevoir gratuitement la fiche « Ma fatigue invisible » pour faire le point sur ta propre journée.
Il y a des soirs où l’on se sent complètement vidée. Pourtant, en repensant à sa journée, rien ne semble expliquer un tel épuisement.
Pas de difficulté majeure. Pas d’événement particulièrement éprouvant. Pas même l’impression d’avoir accompli énormément de choses.
Alors une petite voix intérieure apparaît :
« Je n’ai pourtant rien fait de spécial aujourd’hui. Pourquoi suis-je aussi fatiguée ? »
Cette question, je me la suis déjà posée. De nombreuses fois…
Derrière elle, se cachent souvent de l’incompréhension, de la culpabilité (« maman, tu es toujours fatiguée ») et parfois la crainte de ne pas être à la hauteur.
Pourtant, une journée peut être très coûteuse en énergie sans en avoir l’air. Lorsque l’on est une maman hypersensible, une grande partie de ce qui nous sollicite reste invisible, y compris à nos propres yeux.
Une journée calme en apparence seulement
Nous avons tendance à mesurer nos efforts à partir de ce qui se voit :
le ménage, les rendez-vous, les courses , le travail, les conduites des enfants, les repas etc…
Mais notre énergie n’est pas uniquement dépensée dans les actions visibles.
Elle peut aussi être mobilisée pour :
- supporter un bruit de fond continu ;
- passer rapidement d’une tâche à une autre ;
- répondre à de nombreuses interruptions ;
- prendre une succession de petites décisions ;
- anticiper les besoins des enfants ;
- sentir qu’une tension monte et tenter de l’apaiser ;
- rester attentive pendant une conversation ;
- cacher son agacement ou son besoin de calme ;
- s’adapter à un changement de programme ;
- penser à tout ce qui ne doit pas être oublié.
Pris séparément, ces éléments paraissent parfois anodins. Mais ils s’additionnent tout au long de la journée. Et cette accumulation peut finir par peser lourd.
Tu n’as peut-être pas « beaucoup fait » au sens visible du terme. En revanche, tu as peut-être passé ta journée à percevoir, filtrer, anticiper, décider, t’adapter et contenir ce que tu ressentais.
Tout cela demande de l’énergie.
Les quatre formes de sollicitations invisibles
Pour comprendre ta fatigue, il peut être utile de ne pas chercher une cause unique, mais d’observer plusieurs types de sollicitations.
1. Les sollicitations sensorielles
Les conversations qui se superposent, la télévision allumée, les cris, les notifications, une lumière vive, certaines odeurs, des vêtements inconfortables ou un lieu très animé peuvent te demander un effort constant d’adaptation.
Tu n’en as pas forcément conscience sur le moment. Tu continues à faire ce que tu as à faire. Mais le calme retrouvé en fin de journée peut révéler à quel point ton environnement a pu te fatiguer petit à petit.
2. La charge mentale
La charge mentale ne correspond pas seulement au nombre de tâches réalisées. Elle comprend aussi tout ce qu’il faut garder en tête : prévoir les repas, vérifier les horaires, penser à un document, surveiller les réserves, organiser un rendez-vous ou anticiper les réactions de chacun.
Même lorsque tu es assise, ton esprit peut continuer à traiter une longue liste d’informations en arrière-plan.
Tout cela demande de l’énergie.
3. La charge émotionnelle
Une remarque désagréable, un enfant contrarié, une ambiance tendue ou la souffrance d’un proche peuvent t’affecter durablement. Tu peux également fournir beaucoup d’efforts pour rester calme, patiente et disponible alors que, intérieurement, tu te sens déjà débordée.
Réguler tes propres émotions tout en accueillant celles de tes enfants est un véritable travail, même s’il n’apparaît sur aucune liste de tâches.
Tout cela demande de l’énergie ! Beaucoup d’énergie…
4. L’adaptation permanente
Faire bonne figure, ne pas montrer que le bruit dérange, participer à une conversation malgré la fatigue, accepter un imprévu ou chercher les mots justes pour ne blesser personne : tous ces ajustements peuvent sembler naturels parce que tu les effectues depuis longtemps.
Mais ce qui est devenu automatique peut te fatiguer petit à petit.
Pourquoi minimise-t-on autant cette fatigue ?
Je pense que cette fatigue n’est pas ou peu prise en compte parce que beaucoup de ces efforts ne sont ni visibles ni valorisés. Personne ne te félicite d’avoir supporté une matinée bruyante, anticipé une crise ou retenu vingt petites informations. La plupart du temps parce que les personnes qui t’entourent ne s’en rendent tout simplement pas compte !
Tu peux aussi avoir pris l’habitude de comparer ta journée à celle des autres : « Elle travaille à temps plein et elle arrive à tout gérer alors que moi, à temps partiel je suis débordée… », « D’autres mères ont trois enfants », « Je devrais être capable de gérer cela ».
Mais cette comparaison ne tient compte ni de ton fonctionnement, ni de ton niveau de fatigue de départ, ni des ressources dont tu disposes ce jour-là.
Reconnaître tes limites ne signifie pas que tu es fragile ou incapable. Cela te permet simplement d’observer plus justement ce qui te coûte de l’énergie.
Une question plus juste à te poser
La prochaine fois que tu te sentiras épuisée « sans raison », essaie de remplacer :
« Pourquoi suis-je aussi fatiguée alors que je n’ai rien fait d’incroyable ? »
par :
« Est-ce que j’ai dû absorber, gérer, m’adapter ou me contenir aujourd’hui ? »
Prends deux minutes et note trois éléments, sans chercher à analyser toute ta journée.
Tu peux t’aider de ces quatre catégories :
- sensoriel : qu’ai-je entendu, vu ou ressenti physiquement ?
- mental : à quoi ai-je dû penser ou que fallait-il anticiper ?
- émotionnel : quelles émotions ai-je accueillies ou retenues ?
- relationnel : à qui ai-je dû répondre, m’adapter ou consacrer de l’attention ?
L’objectif n’est pas de prouver que ta journée a été difficile. Il est de rendre visible ce que tu as réellement traversé.
Réduire une seule sollicitation
Lorsque l’on se sent épuisée, vouloir réorganiser toute sa vie ajoute souvent une pression supplémentaire. Commence plus petit.
Choisis une seule sollicitation que tu pourrais réduire le lendemain :
- désactiver une notification ;
- éteindre la télévision lorsqu’elle n’est pas regardée ;
- t’isoler cinq minutes dans une pièce calme ;
- reporter une tâche non urgente ;
- simplifier un repas ;
- prévenir ta famille que tu as besoin de dix minutes sans question ;
- noter une information au lieu de la garder en tête.
Ce petit ajustement ne supprimera pas toute ta fatigue. Mais il peut t’aider à cesser d’attendre d’être totalement épuisée avant de tenir compte de tes besoins.
Fais le point sur ta fatigue invisible
Tu as parfois l’impression d’être épuisée alors qu’il ne s’est « rien passé » ?
j’ai crée une fiche qui t’aidera à repérer ce qui a puisé dans ton énergie aujourd’hui et à choisir une seule chose à alléger demain.
Tu peux la recevoir gratuitement en t’inscrivant grace au formulaire ci-dessous :
Ta fatigue mérite aussi d’être prise au sérieux
Toutes les fatigues ne s’expliquent pas par l’hypersensibilité ou la charge mentale. Un sommeil insuffisant, une période de stress, une carence, un traitement, une infection peuvent aussi être en cause.
Si ta fatigue est inhabituelle, intense, persistante, qu’elle s’aggrave ou qu’elle s’accompagne d’autres symptômes, il est important d’en parler à un médecin. Reconnaître les sollicitations invisibles ne doit pas conduire à négliger une cause physique ou psychique.
Mais lorsque rien d’exceptionnel ne semble s’être produit, ta journée a peut-être été remplie d’efforts invisibles. Les reconnaître, c’est déjà commencer à respecter davantage ton énergie.
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