Un diagnostic d’autisme à l’âge adulte

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Un site uniquement pour les enfants?

Je me suis longuement demandée si je devais partager sur ce site enfantzen” tout ce qui concerne aussi l’autisme (et ses troubles associés) chez l’adulte. N’était-il pas préférable d’en faire un site spécifique aux enfants ? J’ai alors listé les points “pour” et ceux “contre”. Soit, regrouper tous les articles ici ou bien distinguer clairement ceux concernant les adultes de ceux concernant les enfants. Puis cela m’est apparu évident d’écrire l’ensemble des articles ici.
enfant et ou adulte

Voilà certaines raisons de ce choix :

  1. Un enfant diagnostiqué avec un trouble du spectre autistique (TSA) deviendra un adulte avec TSA.
  2. Les difficultés rencontrées par les enfants et les adultes peuvent être similaires (je pense par exemple aux hypersensibilités)
  3. Et enfin et surtout il est très fréquent de faire la démarche diagnostique pour soi-même après avoir obtenu le diagnostic pour son enfant.
crédit pixabay : sasint
Cela a été mon parcours. En lisant au sujet de l’autisme asperger pour venir en aide à mon fils je me suis retrouvée sur des sites parlant de l’Asperger chez l’adulte. Puis j’ai lu le livre de Julie Dachez “la différence invisible”. J’ai eu alors l’impression étrange d’avoir écrit moi-même cette BD. Je me souviens des émotions contradictoires alors ressenties. De la colère, du soulagement, une grande claque en pleine figure…
photo Pixabay : RyanMcGuire
Quel soulagement et en même temps quel incroyable moment de doutes… Ma petite voix ne s’est pas arrêtée pendant plusieurs jours :
  • “n’importe quoi, depuis le temps que tu ne vas pas bien et le nombre de spécialistes rencontrés on te l’aurait dit”
  • “Tu deviens completement folle ! Comment peux-tu penser cela.”
  • “Tu es mariée, tu as 2 enfants, tu as réussi à travailler…tu n’es pas autiste. Impossible”
photo Pixabay : Alexas_Fotos
Et en même temps je savais. Toutes mes difficultés depuis mon enfance trouvaient enfin une explication. Autre chose que celle me désignant comme la fille bizarre, ayant mauvais caractère. La fille maladroite qui dit tout haut ce que beaucoup pensent en silence. La fille qui préfère rester seule avec un bon livre plutôt qu’aller à la machine à café ou à une soirée pleine de monde. Mais qui, malgré tout, a envie et besoin de voir ses amies mais de préférence en petit comité. Et pas trop longtemps. Parce que le monde, le bruit, les lumières , les odeurs. Tout me fatigue. Beaucoup plus vite que la normale. Beaucoup trop pour continuer à faire semblant d’être comme tout le monde.
photo Pixabay : RobinHiggins
La fille aussi qui se plaint souvent : mes hypersensibilités * sont très présentes et me rendent la vie parfois bien difficile. Je suis en train de modifier mon rapport à toutes ses sensibilités très développées pour les transformer en forces et privilèges mais le chemin est long et sinueux ! La fille studieuse qui aime apprendre et pourtant n’arrive pas à grand chose par un cruel manque de confiance. La fille pas très féminine parce que je ne supporte rien de ce que je suis censée endurer pour être une femme (maquillage, collant, hauts talons, vêtements serrés : soutien gorge, ceinture, bagues…). D’ailleurs je ne suis pas une femme. Je ne me suis jamais sentie femme. D’enfant à adolescente je suis passée au statut de mère. Femme non jamais. Je ne sais pas si j’en serai capable un jour. Les bijoux ne me font pas rêver. J’ai une trousse à maquillage que j’utilise 1 à 2 fois par an généralement à Noël. Je tiens pendant 1 ou 2 heures et vite je vais me débarbouiller. Mon visage semblant être en train de brûler.
femme peinture
photo Pixabay : ivanovgood
Les psychiatres que j’ai rencontrés m’ont tous très vite diagnostiquée avec un état dépressif. Ce que je refusais car je savais que je n’étais pas (que) dépressive et je niais donc tout. J’avais mille passions, mille idées à faire ou à vivre.

J’avais surtout envie de vivre.

Alexas_Fotos

J’étais dépressive malgré cela ?

Oui car extrêmement fatiguée de prendre sans cesse sur moi (et pourtant jamais suffisamment) pour paraître “normale” et comme tout le monde. Sans jamais y parvenir vraiment. Sans jamais comprendre pourquoi la vie semblait tellement plus simple pour les autres qui ne semblaient vivre aucune de mes difficultés et me les reprochaient.
pixabay : Counselling
Donc dépressive car épuisée de tant d’années de lutte envers moi-même. Dépressive car non diagnostiquée. Trop différente des autres sans autre explication que de ne pas faire assez d’efforts. Les autres y arrivent donc si je n’y parviens pas c’est de ma faute.
coupable
photo Pixabay : mohamed_hassan

Je ne vais pas décrire ici toutes mes difficultés ou différences. Je vais faire des articles qui en parleront. Mais il me semblait important d’aborder un peu le détails de ces points qui pourront vous faire penser à vous. Mère d’un enfant avec TSA , haut potentiel, troubles dys..

Peut-être  allez-vous vous reconnaître dans ces difficultés ? Les filles sont souvent diagnostiquées plus tardivement car elles arrivent très bien à faire le caméléon mais je n’exclus pas les pères qui eux aussi sont parfois diagnostiqués à l’âge adulte.

encourager
pixabay : MorningbirdPhoto
Je ne veux pas dire que cela est nécessaire ou systématique mais encourager ceux ou celles qui doutent à entamer une démarche de diagnostic. Un diagnostic positif ne vous changera pas. Vous resterez une personne avec votre TSA et ses difficultés. Mais votre perception évoluera progressivement pour plus de respect envers vous même et donc plus de moments d’apaisement. Pour toutes ces raisons (et bien d’autres) je pense que parler du TSA , asperger, hypersensibilités et autres troubles associés chez les adultes sur ce blog parait judicieux. Je vais créer pour cela une catégorie “adulte” pour que ce soit plus lisible pour tous. Ainsi si vous ne pensez pas être intéressé personnellement (vous pourrez l’être plus tard pour comprendre votre enfant devenu grand) vous pourrez identifier cette catégorie d’articles très facilement. Pour une vie apaisée et heureuse. Pour les enfants et les adultes aussi !
photo pixabay : Prawny
A très vite! Stéphanie *article parlant des hypersensibilités ici Le livre de Julie Dachez sur la découverte du diagnostic à l’âge adulte :
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